Le créole à l?école serait anticonstitutionnel
Annoncer que le Premier Ministre a garanti l?introduction, dans le cycle primaire, de cette langue encore très mal définie, et que personne ne parvient à parler ou à écrire de la même manière nécessite des explications de la part du PM, vu que les protagonistes de la créolité refusent le dialogue et refusent de fournir un rapport détaillé d?experts représentatifs de toutes les cultures du pays, et non uniquement des recherches personnelles concernant cette fameuse langue créole, études, qui, selon le linguiste Dev Virasawmy, durent depuis 44 années.
Je trouve inadmissible que le PM ait « promis » (un « compromis » entre lui et Dev Virasawmy?) l?introduction de la langue dite créole comme option dans l?enseignement public, après sa victoire anticipée lors des prochaines élections générales du 5 mai 2010. Le PM aurait fait d?autres promesses du même genre à Jocelyn Grégoire.
Dans l?entrevue donnée par Dev Virasawmy à l?Express, un journal qui boycotte constamment tout débat sur la créolité d?importation française, nous entendons le présentateur, un certain « Yves » nous adresser en français mauricien, et appelant l?intervieweuse (Deepa Bhookhun) DJIPA au lieu de DEEPA prononcé à la française ou à l?indienne. L?entretien est tenu vraisemblablement en « créole ». Mais, dès le début, nous entendons Deepa et Dev prononcer le mot « Bonjour ! » à la française, et non en « créole », dont l?une des prononciations courantes dite créole (version Lalit) est plutôt BONZUR ! Au fil de l?entretien, nous constatons que tous deux ne parlent pas « créole », mais patois français (un français cassé ou mauricien) parsemé, ici et là, d?expressions ou de termes anglais. Dev prononce les mots « choix », « apprentissage » à la française, et non en « créole larmoni » de son invention. Par exemple, il ne dit pas SWA ou APRANTISAZ (ou quelque chose de ce genre). Il n?est pas question de singer la « GRAFI LARMONI » de Dev pour déformer en écrit ou en parlant les mots français (ou autre).
Malgré que Dev soit linguiste, il n?est pas nécessairement expert en langue japonaise, ou anglaise ou française ou russe, et il a prouvé son incompétence en matière d?enseignement des langues. Par contre, en qualité de linguiste il devrait connaître la structure des langues et peut, en tant que ?speech therapist?, s?il est phonéticien en même temps, de corriger, par exemple, la mauvaise prononciation du nom Deepa par Yves. De la même manière, il peut enseigner à un Chinois comment prononcer la lettre « r », et dire « fried rice » au lieu de « flied lice ». Mais, pour des raisons bassement politiques, Dev s?adonne à déformer les mots et les prononciations, même des noms propres. Écrire et prononcer Macbeth comme ?Makbess? (tout comme VIRASORMI) est aberrant et inacceptable pour toute personne qui se respecte. Et, si ce cancer devait contaminer aussi les laboratoires de recherche, le judiciaire où les dires seront rédigés en « créole », ou les actes notariés, ainsi de suite ?
Faussetés et fantasmes
Il est absolument faux de dire que les enfants des Mauriciens sont aussi retardés et que la seule et unique raison est parce qu?on n?enseigne pas les matières en « créole » à l?école. L?affirmation selon laquelle ces enfants-là pourraient maîtriser les mathématiques à travers le « créole » n?est basée sur aucune étude empirique.
Dire que le « créole » est la langue nationale de Maurice est un autre mensonge ! La vérité est qu?à force du matraquage politique et médiatique pendant plus de quarante ans, presque toute la nation a fini par utiliser ce terme pour qualifier ce que nous appelions dans les années cinquante et soixante le patois mauricien.
Le combat en faveur de la créolité depuis les années de Dev Virasawmy dans le Mouvement Militant Mauricien quand il « inventa » un graphisme en déformant délibérément les mots français, sélectionnant certains termes du vocabulaire mauricien au détriment d?autres, et d?une façon sectaire (épuration linguistique qui favorise certains) et les faisant passer pour son créole national. En adoptant le jargon de certains qu?il veut faire passer pour la langue nationale de tous les Mauriciens, Dev occulte, en même temps, plus d?un siècle de l?histoire, de 1835 à 1968, qui démontre que les descendants des esclaves ont longtemps cessé de parler créole après l?abolition de l?esclavage. Comment est-ce qu?enseigner à un enfant du primaire à épeler éducation « ledikasyon » serait-il bénéfique à l?éducation de cet enfant pour apprendre l?anglais, le français ou l?arithmétique ? Même les fantasmes ont des limites !
Créole n?est pas une langue ancestrale
Un autre mensonge flagrant, c?est de dire que le « créole » est la langue ancestrale des « Créoles » et classer le français et le bhojpuri comme « langues étrangères ». Le hindi, le bhojpuri, l?urdu, sont bel et bien des langues ancestrales venant de l?Hindoustan, le pays d?origine de 70% des Mauriciens. Par contre, le créole ne peut être classifié comme une langue ancestrale car il n?est pas d?origine africaine, mais un pur produit de l?esclavage et du racisme oppressif, un jargon imposé par les esclavagistes dans leurs colonies d?antan, et parmi lesquelles se trouvait Maurice. Donc, il n?y a aucune comparaison avec les véritables langues ancestrales.
Discrimination contre les langues orientales
Il n?existe aucun rapport d?expertise pour établir que l?introduction du créole comme langue optionnelle, au même niveau que les langues orientales, serait bénéfique aux enfants recalés. Si les autres parents trouveront le créole attirant, la stratégie pourrait tout aussi avoir pour but de faciliter les recalés à obtenir de meilleures annotations lors des épreuves et examens scolaires - une stratégie discriminatoire contre les langues orientales. Contrairement aux langues orientales, les promoteurs de la langue créole ne respectent ni les règles de la grammaire, ni les exceptions à ces règles, ni l?accord, ni l?orthographe. Le créole est associé à la vulgarité (v. Danielle Palmyre). Un patois se parle, mais ne s?écrit pas pour former des ?uvres littéraires. La « kiltir kréyole » est une culture esclave que certains sont libres d?adopter, mais pas à l?imposer sur toute la nation.
Enfants ayant des difficultés scolaires
Il y a des enfants recalés dans tous les systèmes éducatifs de tous les pays du monde entier. Ces enfants sont classifiés en tant que « enfants ayant des difficultés scolaires » (« special needs children »). Les gouvernements ont sur pied un système très efficace, avec l?aide des « linguists speech therapists » pour s?occuper d?eux. Dans l?Est de Londres, les quartiers défavorisés, les enfants recalés ne sont pas enseignés en cockney parce que le cockney est effectivement leur langue maternelle (un argot). De la même manière, les enfants recalés dans les diverses régions de France ne sont pas enseignés, par exemple, dans les divers patois des régions concernées ou en argot.
Graphisme
Le « créole » de Dev et de ses acolytes choque non seulement le francophone qui se respecte, mais prouve aussi à quel point les Mauriciens, autres que ces Créoles dont il est question, sont ignorants de leur propre « langue nationale » ! Quand il a fallu écrire le texte des chansons indiennes phonétiquement depuis plus d?un demi-siècle, même le plus cancre d?entre nous n?a jamais eu besoin d?un linguiste ni pour les écrire ni pour les lire sans absolument aucun problème ! Donc, une graphie mauricienne existait bien avant que Dev Virasawmy n?ait senti le besoin d?inventer son « Grafi Larmoni », qu?il épelle très mal, en se basant sur des sources étrangères, et qu?il n?a toujours pas complété ! À noter que bien des Indo-mauriciens écrivaient le patois mauricien en se servant du graphisme de la langue Hindi ou Urdu. Si le Français prononce le mot QUAI [ke], est-il intelligent d?écrire ce mot en « créole » exactement comme la transcription phonétique KE ? Cependant, il n?existe dans le parlé mauricien aucune harmonie ni dans la prononciation ni dans le vocabulaire utilisés ! Consultez à cet effet des ouvrages sur la question ou les graphies diffèrent complètement : le « créole mauricien » de Lalit, Nahaboo, Bahemia, Témoins de Jéhovah ainsi que le créole haïtien.
Langue servile = langue anticonstitutionnelle
Malgré les quatre décennies de travail, personne n?est en mesure de soutenir ces revendications créolistes par des preuves. Ce créole n?est qu?une invention récente et rien à voir avec les ancêtres des Afro-Mauriciens. C?est la raison pour laquelle les mouvements créolistes n?ont jamais saisi les instances judiciaires en raison des discriminations alléguées contre les pouvoirs en place comme le clament partout Jocelyn Grégoire et l?Église catholique.
La constitution mauricienne protège tous les Mauriciens contre toute forme d?esclavage et de servilité. La langue créole des esclaves, étant une langue servile et rétrograde, ne pourra (devra) ni être reconnue dans notre constitution et ni être introduite dans nos écoles, que ce soit comme option ou médium d?enseignement. Le Premier Ministre a bien pu faire une promesse électorale, mais cette promesse doit nécessairement être basée sur des faits prouvés et non sur une propagande politique et sectaire. Une telle promesse, ne doit-elle pas être légale et constitutionnelle ? Il serait bon de noter que la pratique des 50% de places réservées dans les écoles confessionnelles catholiques subventionnées par l?État se faisait par une décision politique, mais la justice l?a trouvée discriminatoire, illégale et anticonstitutionnelle.
M Rafic Soormally
29 avril 2010